Le Grand Journal, gardien de sommeil

Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir. Le spectacle est le gardien de ce sommeil.
Guy Debord (1)

| Difficile de rester muet devant le résultat des dernières élections présidentielles françaises. Dix ans exactement après l’arrivée au second tour de Jean-Marie Le Pen lors de ces mêmes élections, rendez-vous crucial du fonctionnement républicain français, Marine Le Pen confirme le statut prépondérant désormais pris par le Front national en France : l’extrême-droite est la troisième force politique du pays. Dans cet entre-deux tours, la guerre des chiffres a déjà commencé, entre ceux qui révèlent timidement la montée en puissance du vote d’extrême-droite – près de 5 millions de voix en 2002, plus de 6 millions en 2012 – et ceux qui préfèrent voir la possibilité d’une alternance avec un duel gauche-droite classique, confortant le bipartisme du système qu’affectionne une grande partie des journalistes.

Dans le champ de l’audiovisuel français, plusieurs émissions ont couvert cette campagne, un des points marquants aura été sans doute le régulier Des paroles et des actes sur France 2, animé par David Pujadas. C’est d’ailleurs Marine Le Pen qui a le mieux cerné ce à quoi elle était invitée, se moquant ouvertement de la tournure « télé-réalité » prise par ce magazine ; en effet, un « journaliste » restait en coulisses pour suivre, espionner et commenter les allées et venues des candidats invités, leur préparation et leurs relations avec les autres candidats (« S’étaient-ils croisés ? Serrés la main ? Ont-ils échangé quelques mots ? »). Autant dire que la caméra, l’image même, se situait bien loin du débat politique qui devrait mettre au centre de l’information les préoccupations sociales et économiques du pays et du monde. Une autre émission a également suivi la campagne électorale, du moins dans sa première partie, réservée à la politique. Il s’agit du Grand Journal de Michel Denisot sur Canal plus. Cette quotidienne, qui a rassemblé lors de ses meilleurs scores plus de 2 millions de spectateurs, est tout à la fois appréciée et décriée. L’émission du 23 avril 2012 a été l’occasion de voir où en était la mise en scène spectaculaire de la vie et du débat politiques français.

► Vous pouvez consulter en ligne la vidéo de l’émission du 23 avril 2012.

 
Le spectacle dominant
 

Le Grand Journal apparaît comme le summum d’accomplissement du « tout spectaculaire ». Lieu où sont interrogés les politiques à une heure de grande écoute, notamment par le journaliste Jean-Michel Apathie, c’est aussi un moment de divertissement, ponctué par des séquences comiques – les classiques Guignols, le SAV d’Omar et Fred, la mini-série phénomène Bref, la météo. L’émission plaît, divertit, et, peut-être, informe. L’émergence du Petit Journal de Yann Barthès en 2004, devenu une émission à part entière depuis 2011, a montré combien Canal plus pouvait encore se vanter d’une certaine impertinence dans le champ télévisuel français. Néanmoins, Le Petit Journal vit désormais sous sa nouvelle formule en dehors du Grand Journal. La machine dirigée par Michel Denisot semble alors résolument tournée vers une forme d’information pour le moins réduite.

Le programme, qui débute généralement à 19h10, est ponctué de séquences publicitaires, la première intervenant après seulement sept minutes d’émission. Michel Denisot commence traditionnellement l’émission en annonçant déjà ce qu’il y aura après (le film ou le match après 20h30 ainsi que le concert éventuel à la fin de l’émission), manière déjà de tenir le spectateur en attente. L’émission est ensuite entrecoupée après vingt minutes par Le Zapping, Les Guignols et la météo, elle reprend ensuite pour à peine trois minutes, et se termine pour laisser place à une deuxième partie intitulée « La suite », dédiée à l’actualité culturelle et se terminant souvent par un concert live d’un artiste invité. En tout, la partie politique dure au mieux vingt-cinq minutes, la dernière, moins de vingt minutes. La balance semble pencher vers la politique, mais peu importe la durée ; ce qu’il est important de relever c’est le déroulement de toute l’émission, espace dans lequel les nuances disparaissent et les images deviennent ersatz de moments politiques.

Dans l’émission du 23 avril, pour commenter les résultats du premier tour des élections présidentielles, sont invitées deux représentantes des deux grands partis qualifiés, le PS et l’UMP. Najat Vallaud-Belkacem, conseillère générale socialiste, était la porte-parole de la campagne de Ségolène Royal en 2007 et est désormais celle de François Hollande. En revanche, ce n’est pas la porte-parole de la campagne de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, mais Nadine Morano, ministre chargée de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle du gouvernement de François Fillon, qui représente le président sortant. Néanmoins, depuis septembre 2011, Mme Morano fait partie de la cellule dirigée par Brice Hortefeux, chargée de « vanter le bilan du président et de riposter aux attaques venues de l’opposition ». Le débat promettait d’être particulièrement électrique si l’on considère que les deux principales forces politiques s’opposent réellement en idées. L’émission est en fait le lieu d’une autre mise en scène spectaculaire.

 
L’emploi des mots et des images
 

Le 23 avril, Michel Denisot, après avoir annoncé les programmes à suivre sur Canal plus, déclare que « dans dix minutes, l’un des vainqueurs d’hier soir sera là, Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen et vice-président du Front national ». Le terme « vainqueur » lui permet de filer la métaphore sportive : il parle de l’« affiche » entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, les deux « qualifiés », et présente les deux « supportrices de choc » que sont Najat Vallaud-Belkacem et Nadine Morano. La discussion est lancée ensuite sur une simple réaction aux résultats, dont les chiffres défilent à l’écran. Nadine Morano débute en dénonçant le « plantage » des instituts de sondage, ce que Jean-Michel Apathie essaie de contester timidement, alors que Najat Vallaud-Belkacem vante l’« agréable surprise » du score de son candidat François Hollande.

Les mots usités restent simples, les phrases sont de l’ordre du constat : « la victoire est possible et nécessaire » et les candidats sont « au coude-à-coude » pour Nadine Morano, par exemple. Cette dernière prend de l’avance dans ce premier round du combat médiatique, Najat Vallaud-Belkacem se perdant même dans une fausse énonciation en affirmant que les sondages donnaient Nicolas Sarkozy en tête, alors qu’en vérité, la plupart ont prévu la victoire de François Hollande. Morano, en fine joueuse, passe à l’attaque – pour continuer dans ce vocable de la joute qui n’est que spectacle, en témoigne les mains serrées et le calme relatif de Najat Vallaud-Belkacem et les sourires en coin confiants et satisfaits de Nadine Morano. Avant l’arrivée de la publicité, celle-ci arrive en effet à opérer une opposition nette entre Nicolas Sarkozy, qui « a tenu » dans un « contexte de crise », et François Hollande, dont le programme risque de ne pas plaire aux électeurs du Front national parce qu’il veut autoriser le droit de vote aux étrangers. La pointe est lancée, le mot « étranger » est lâché en moins de sept minutes. Suivent les mots « frontières » (avec les accords de Schengen), puis « protection » et « sécurité », ce dont, selon Nadine Morano, les Français ont besoin. En à peine quelques secondes, et sans que quiconque ne puisse relever ces juxtapositions critiquables rentrées dans le discours commun, Nadine Morano monte à la conquête des voix du Front national tout en montrant que Nicolas Sarkozy était déjà en fait sur la même ligne que le parti de Marine Le Pen. En effet, Nadine Morano soutient que c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui a remis en cause les accords de Schengen, estimant que les frontières étaient devenues des « passoires ». Un nouveau mot simple et marquant est prononcé, le débat se dissout dans les chutes de mots qui réveillent rapidement dans les esprits des idées aussi réductrices que la peur de l’immigration voire la haine de l’autre.

 

Capture d'écran de l'émission Le Grand Journal du 23 avril 2012 / Canal plus.

Dans le même temps, les images trahissent les actrices. Elles jouent, la sérieuse Najat Vallaud-Belkacem contre la virulente Nadine Morano. Ce qui est également intéressant se joue au second plan : pendant qu’elles parlent, des images défilent sur le grand écran placé derrière Michel Denisot. Des images du discours de Nicolas Sarkozy lors des résultats du dimanche 22 avril lorsque Nadine Morano parle, des images du candidat socialiste et de la foule militante lorsque Najat Vallaud-Belkacem s’exprime. Binaire, illustratif, presque didactique, afin de rattacher chacune des intervenantes à son candidat, cette mise en scène démontre alors le poids des images à notre époque qui peut lourdement écraser l’usage des mots. Pouvoir d’illusion inévitable, il est amusant de voir tous les spectateurs derrière les candidats braquer leurs yeux vers l’écran, montrant qu’ils se défient eux-mêmes du débat physique et verbal qui est censé avoir lieu devant eux. Le spectacle est à plusieurs niveaux d’images, mais est sans fond.

 
Le jeu politique et la droitisation des idées
 

De manière étonnante, l’écran télévisuel semble dévoré par le spectacle, ce qui fait que plus rien n’est hiérarchisé, plus rien ne vaut plus qu’autre chose. Lors du début d’une séquence assez sarcastique sur la proposition de Nicolas Sarkozy d’organiser plusieurs débats avec François Hollande pendant l’entre-deux tours, on entend en générique une phrase de Coluche, lucide et cynique : « à la télévision on peut pas dire la vérité y a trop de monde qui regarde ». Ce constat qui passe comme de l’humour est tellement empli de vérité lui-même que la télévision a absorbé son opposition ; on peut y signifier impunément tout et son contraire. Les mots sont galvaudés, à l’image du discours politique de Nicolas Sarkozy sur lequel se termine l’extrait où on l’entend dire : « les Français ont le droit à la vérité et à la clarté ».

Les minutes qui suivent la deuxième partie de la rencontre Morano-Vallaud-Belkacem en sont bien la preuve, il ne s’agit que d’un spectacle de jeu politique autour d’une prétendue « vérité », et où les personnalités se posent comme « sincères ». L’apparition de Louis Aliot, vice-président du FN, mime directement la place que prend le parti dans le jeu politique. Après les présentations préliminaires des deux représentantes des deux partis de gouvernement français, un troisième homme vient prendre place entre les deux femmes. Sur la question du nombre de débats qu’il faut instaurer entre les deux tours, les deux femmes s’écharpent, Nadine Morano se montrant très offensive. Michel Denisot essaie de détendre l’atmosphère, pendant que les images cernent Louis Aliot, concentré, mais révélant une sorte de gêne à être placé entre deux personnes qui se disputent. Pourtant, sa lassitude à écouter le débat stérile est flagrante : mise en scène habile et frappante, ce qui se joue à l’image est ce sur quoi le Front national a fait son lit depuis des années, soit la contestation de la domination du débat par les deux grands partis (ironiquement nommés par Marine Le Pen en « système UMPS ») et sa défense d’une France fatiguée par les hommes (et femmes ici) en place. Louis Aliot n’a pas besoin de parler, les deux femmes, dans leurs schémas de campagne et face à l’importance des reports de voix FN, donnent une image propre à satisfaire la vision du Front national. Les premiers mots de Louis Aliot soulignent d’ailleurs le fait qu’il va falloir « subir » ce faux débat pendant les quinze prochains jours. Le reste de l’émission va ressembler à cette disposition : les deux représentantes des vainqueurs vont se débattre dans des joutes verbales stériles voire incohérentes et/ou invraisemblables, pendant que Louis Aliot apparaît comme un nouveau visage serein, et surtout au-dessus du vieux clivage gauche-droite.

Louis Aliot est alors au cœur de toutes les attentions, pire encore, de toutes les convoitises. Un geste trahit Nadine Morano : lorsque Louis Aliot dit que Michel Denisot n’aurait pas dû le mettre « au milieu » des deux femmes pour bien insister sur le fait que la discussion est inaudible, Nadine Morano pose sa main sur son épaule d’un geste amical et répond : « Mais si, vous êtes bien là ».

 

Capture d'écran de l'émission Le Grand Journal du 23 avril 2012 / Canal plus.

Séduire l’électorat du FN se traduit, pour Mme Morano, par la séduction même des représentants de ce parti, devenu désormais très respectable, et surtout « arbitre » de l’élection. Le terme « arbitre » apparaît ainsi en arrière-plan sur une image projeté dans la salle de l’émission, montrant Marine Le Pen bras ouverts, victorieuse. Nadine Morano, qui continue de faire des pieds et des mains pour conquérir quelques millions de votants FN, ramène par des phrases abruptes les quelques thématiques chères au FN, les étrangers, l’immigration, la sécurité, en prenant à partie la « faiblesse » du programme du candidat PS. Ce qui se déroule sur le plateau, c’est aussi une monstration de la droitisation des idées, ce qu’un journaliste semble percevoir et ose exprimer dans une question où il demande à Nadine Morano si voter Sarkozy est similaire, dans le fond, à voter Le Pen. Les questions de compatibilité entre le FN et la république seront d’ailleurs rapidement esquissées, le temps pour Louis Aliot d’affirmer que l’extrême-droite en tant qu’idéologie est « résiduelle » en France, et que le FN n’a rien d’extrémiste. En atteste son prochain changement de nom pour les élections législatives en Rassemblement Bleu Marine, beaucoup plus lisse, mais plaçant dans son intitulé, le prénom de sa représentante, signe d’une personnalisation du pouvoir au sein de ce parti très familial, élément que personne n’a souligné sur le moment. La faute au temps qui file vers la publicité ?

 
Un bipartisme éhonté et le FN respectable
 

Aux provocations de Nadine Morano, Najat Vallaud-Belkacem « s’enfonce » en répondant à la loi sur le port du voile, que le PS n’a pas soutenu, par le fait que l’UMP aurait eu recours à des imams pour calmer les émeutes de banlieues en 2005… L’une et l’autre dérapent encore une fois du thème de l’altérité culturelle à l’insécurité comme si l’un menait à l’autre. Les deux se font face à l’écran, se tournant l’une vers l’autre, se montrant excédées, mais avec des propos qui les disqualifient.

Pendant ce temps, à l’image, Louis Aliot jubile de voir le système montrer ses farces tout seul : Nadine Morano finit par dire qu’elle n’est pas toujours en désaccord avec Najat Vallaud-Belkacem, car « c’est la démocratie, c’est pas la guerre non plus », Ariane Massenet réalise un superbe lapsus « révélateur » selon Louis Aliot en prononçant par deux fois « François Sarkozy », emmêlant ainsi les deux candidats. Enfin, on entend même un journaliste, sans qu’on le voie, dire tout haut : « en fait, ils sont d’accord sur tout ». Les deux femmes, jouant à la fois l’opposition l’une à l’autre, et le respect du débat républicain, finissent par se ressembler dans leur animosité et leur posture. Louis Aliot est le seul à réellement faire passer plusieurs idées radicales. La dénonciation du système par le FN se voit conforté par la tournure que prend l’émission, les propres défauts des journalistes – il attaque Jean-Michel Apathie, dénonçant son passé au Parti Socialiste, rit à l’erreur de Massenet –, ainsi que la pauvreté du débat proposé par Najat Vallaud-Belkacem et Nadine Morano. Ce débat semble correspondre parfaitement à l’imaginaire développé par le Front national depuis des décennies, et à peine édulcoré par Marine Le Pen.

Un épisode est assez unique dans ce débat. Jean-Michel Apathie s’essaie à une analyse iconographique de l’emblème du Front national qui lui permet de relier ce qu’est ce parti aujourd’hui, apparemment respectable, à son passé « qui fait mal » comme le dit le journaliste. A cela, Louis Aliot ne répondra pas, préférant attaquer le journaliste et le dénoncer comme ancien socialiste. La surprise est grande, d’ailleurs, on entend Ariane Massenet qui crie, étonnée, « c’est vrai ? », Jean-Michel Apathie paraissant alors gêné. « Dénoncer » en direct un journaliste qui est un ancien membre du Parti Socialiste apparaît alors, grâce au temps réduit de l’émission qui ne permet pas de réel débat, comme une plus grande faute ou tromperie que l’iconographie douteuse du FN. Louis Aliot se permettra même de faire taire Najat Vallaud-Belkacem qui commençait timidement à dénoncer les « mauvaises blagues » de Marine Le Pen, telles que la remise en cause de la suppression de la peine de mort ou du droit à l’avortement, en lançant l’expression frappante de « totalitarisme socialiste », concluant encore une fois sur la déroute qu’a amené le système UMPS. Même si Louis Aliot dit vouloir s’abstenir à titre personnel pour le second tour, on sent chez lui une plus grande animosité alors pour le PS et toute idée de gauche.

 

Capture d'écran de l'émission Le Grand Journal du 23 avril 2012 / Canal plus.

La complaisance des journalistes envers un système bipartite, dénoncée par le FN, sert également à ce même parti pour droitiser les idées ; en quelques minutes de piètre spectacle, les seuls thèmes mélangés auront été l’immigration, le chômage, l’Europe, le port du voile, les émeutes de banlieues, la crise comme arrière-plan permanent. Un spectacle pour et par le FN d’une certaine façon, l’émission étant, dans sa contraction de temps, son dogme de l’immédiateté, son goût pour la réaction plus que pour la réflexion, le lieu d’un formidable révélateur en images.

 

Le spectacle est le discours ininterrompu que l’ordre présent tient sur lui-même, son monologue élogieux.
Guy Debord (2)

 

Mickaël Robert-Gonçalves

 
(1) Dans La société du spectacle, Gallimard, collection Folio, p. 24-25.
(2) Ibid., p. 26.

Comments
2 Responses to “Le Grand Journal, gardien de sommeil”
  1. profnuton dit :

    Reblogged this on PROF NUTON and commented:
    Un article intéressant… Le Prof étant un spectateur assidu du grand journal,ça fait du bien un peu de lucidité parfois…

  2. zogarok dit :

    Cet article est vraiment intéressant et son sujet sérieux, mais il y a quand même quelque chose qui cloche dans votre conclusion. A partir d’une critique de la complaisance du Grand Journal à "détruire" le politique (c’est parfaitement juste), vous en arrivez à expliquer que Canal+ légitime, ou au moins met en valeur, le FN ou au moins ses thèses. C’est à cause de ce type d’obstinations que des foules d’internautes très sérieux plantent leur sujet ; parce qu’ils préfèrent l’idéalisme à l’analyse. Vous faites du FN un objet dangereux qui serait promu. Qui plus est par Canal+. En revanche, vous pourriez prétendre que ce parti est l’otage du bipartisme, l’otage du spectacle. Enfin, vous ne relevez pas le ridicule intrinsèque de Mme Morano et la volonté explicite de C+ de proposer une "affiche" asymétrique. En face, Vallaud-Belkacem est lisse et surtout, elle se fond dans le décors. C’est à elle que s’identifie spontanément le spectateur du Grand Journal, elle qui campe le pragmatisme, la compétence, la dignité (vous évoquez un peu ça) face à la gouaille de Morano (en contraste total avec l’ambiance, le style, l’univers ostensible du Grand Journal). La prise de position en faveur du PS n’est dès lors plus une légende.. Même si l’UMP n’a jamais été sapé par Canal+. Le PS et l’UMP sont raillés en permanence par le Grand Journal ; c’est vrai. Mais c’est tout. Le MoDem, le Front de Gauche et le Front National humiliés en permanence mais surtout disqualifiés dans leur nature.
    Néanmoins, très bon article, mais je tenais à souligner cette perspective qui me parait absente (on ne débat que des points de désaccord), ou balayée au profit d’une autre, que je croit dans l’erreur. Je ne pense que la télévision soit en faveur du FN ; beaucoup aimeraient concilier leur hantise pour le spectacle médiatique et leur défiance envers le FN ou ce qu’il incarne, mais nos ennemis ne sont pas amis pour autant. De même que les antilibéraux de gauche regretteront que les "fascistes" ne soient pas dans le rang des "libéraux" façon droite mainstream ; ce serait pratique et permettrait un ordre de perception plus binaire, mais ce n’est pas le cas.

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